J’ai grandi entre la région parisienne et une maison familiale dans la Creuse, où je passais toutes mes vacances chez mes grands-parents.
Cette maison a profondément construit mon rapport aux lieux. Mon grand-père l’a construite presque entièrement lui-même, pendant que ma grand-mère faisait vivre le jardin, la maison et tout ce qu’il y avait autour. Très jeune, j’ai passé des heures à les observer travailler, fabriquer, transformer, réparer, planter, organiser. De l’un, j’ai hérité le goût du faire ; de l’autre, l’amour du vivant.
C’était une maison ouverte, toujours habitée par les amis, la famille, les repas qui durent et les gens de passage. Mes grands-parents l’avaient pensée comme un lieu de partage, un endroit vivant où l’on se retrouvait naturellement.
Enfant, je passais mon temps à construire des cabanes et réorganiser ma chambre. J’avais déjà ce besoin instinctif de composer des espaces dans lesquels on se sent bien.
Avec le temps, cette sensibilité est devenue une manière de penser mon travail : considérer un intérieur non seulement comme un espace fonctionnel, mais comme un lieu vivant, capable de raconter quelque chose de ceux qui l’habitent et de ceux qui l’ont fabriqué.